Avant de vous décider, un aperçu. Voici les toutes premières pages de TORMENTA : le bouclier, telles qu’elles ouvrent le roman.
La pluie battante sur les volets n’avait pas empêché les six heures de sommeil. Les vitres avaient tremblé sous le tonnerre, mais pas lui. Cette mélodie l’avait accompagné dans les bras de Morphée. Ses yeux étaient grands ouverts, comme tous les matins, son corps s’étira de tout son long. Iker s’assit au bord de son lit et respira profondément. Le cœur battait calmement, les muscles ne souffraient d’aucune tension. Une mécanique bien rodée, la machine fonctionnait à la perfection. Un matin de plus comme les autres.
L’odeur de café chaud envahissait la cuisine. Assis sur un tabouret, il profitait de ce moment de sérénité. Il alluma la radio et mit le pain à griller. Les annonces s’enchaînaient, le déluge avait duré des heures. Des trombes d’eau s’étaient abattues sur la région de Murcia. Quelques inconscients s’étaient risqués dans les rues, on décrivait leurs exploits pathétiques. Le flot incessant les avait bloqués. Il songeait aux anciens les observant depuis leurs fenêtres. Il ouvrit les volets et vit que la tempête ne montrait aucune pitié. Elle continuait de s’acharner sur la région. C’était une vision cataclysmique, la manifestation de la puissance divine. La preuve que rien ne pouvait empêcher une force insurmontable de nous submerger.
[…]
Iker en avait appris beaucoup sur ses compatriotes et son pays. Du bon et du mauvais. Il y pensait souvent. Le pain grillé recouvert de tomates et d’huile d’olive effaça les souvenirs mêlés de boue, de métal et d’odeurs d’égouts. Le déluge s’était calmé, il pouvait apercevoir les nuages commencer à se dissiper.
Sa vie personnelle avait presque disparu après la perte de Maria. Iker, dans sa cinquantaine passée, ne laissait plus place à l’amour. Une nuit, une semaine, quelques mois, mais jamais plus. Il travaillait en solitaire, donnait ses ordres et demandait les informations utiles. Il ne rendait de comptes qu’à sa supérieure directe et ça lui allait bien ainsi.
[…]
Il n’avait pas atteint le bout de la rue que le téléphone sonna :
— Dis-moi, Juan-Luis, quoi de neuf aujourd’hui ?
— Pas grand-chose à signaler, les services d’urgences ont eu du boulot. […] Non, si je t’appelle, c’est parce qu’un témoin a découvert un corps dans la Rambla de las Monjas. Tu sais, c’est au niveau de l’espèce de barrage le long du chemin vert.
— J’y serai dans cinq minutes.
La suite ? Elle vous attend dans TORMENTA : le bouclier.
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